21 minutes plus tard, Kenza arriva au parc. Elle aperçut Marc, assis sur un banc près de la fontaine. Quand il la vit, il se leva et s’approcha pour la saluer. En le voyant, Kenza rougit légèrement : sans vouloir se l’avouer elle le trouvait très beau depuis le premier jour et l’idée qu’il soit là, exprès pour elle, la mettait dans tous ses états.
- C’est sympa d’être venue
- …
« Oh non, pensa-t-elle, je ne dois pas être timide maintenant, ce n’est pas le moment ». Elle réussit, dans un effort surhumain, à lui dire bonjour et à lui faire la bise. Les joues en feu, ils s’assirent l’un à côté de l’autre sur le banc où Marc avait attendu. Ils bavardèrent un moment en évitant que leurs regards se croisent. A un moment, un silence pesant s’installa entre eux.
Kenza n’osait rien dire : tout ce qui sortait de sa bouche lui paraissait complètement ridicule. « Il doit me prendre pour une parfaite idiote ! », se désolait-elle.
De son côté, Marc aussi craignait de mal faire : il n’avait jamais fréquenté de maghrébins, ni même d’immigrés en règle générale, et craignait par-dessus tout de la vexer. Il prit son courage à deux mains, se racla la gorge pour attirer l’attention de Kenza, si toutefois cela était nécessaire, et dit d’une voix qui tremblait plus qu’il ne l’aurait voulu :
- Ca te dit qu’on fasse un tour dans le parc ?
- Euh… ouais, si tu veux, répondit-elle d’une voix étranglée.
Ils se levèrent d’un même mouvement, ce qui leur arracha un petit rire. Ils comencèrent leur promenade dans le parc, marchant lentement côte à côte. Tout à coup, Kenza sentit la main de Marc frôler la sienne. Elle ne sut si ce frôlement était le fruit du hasard ou s’il était délibéré. Cependant, quelques mètres plus loin, alors qu’elle commençait juste à retrouver son calme, il toucha à nouveau sa main, et cette fois leur doigts s’entremêlèrent tendrement…
Elle n’était pas bien sure de savoir ce qu’il était en train de lui arriver. Rêve ? Réalité ?Caméra cachée ? Elle ne s’interdisait aucune hypothèse tant cette main lovée dans la sienne lui semblait surréaliste. Puis la main de Marc lâcha la sienne pour prendre sa taille. Il retourna délicatement Kenza, et l’embrassa. La jeune fille se sentait rougir, mais en même temps, elle ne pensait plus à rien. Elle s’abandonna à l’étreinte de Marc. Tant de force virile la chamboulait. Lui si beau, la serrant contre elle. Etait-elle sa copine officielle ? Non, il ne fallait pas penser à ça, du moins, pas tout de suite. Une éternité passa…Puis il regarda l’heure, gêné, et dit qu’il devait partir. Sans autres formalités, il s’enfuit à toutes jambes. Kenza aussi regarda l’heure. Elle avait oublié Florian !